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Cinéma d auteur

WADJDA d’Haifaa Al-Mansour


L'EFFRONTEE

 

par Bertrand Bichaud


4/5 ON ADORE

 


Ce film est un événement pour le 7ème Art. Il est le premier de l’Histoire du cinéma en Arabie Saoudite. Et d’ici, on ne peut avoir qu’une petite idée du courage et de la persévérance dont la réalisatrice, Haifaa Al-Mansour a dû faire preuve pour arriver à ses fins (du film).

 

 

 

Une difficulté augmentée par le fait qu’elle soit une femme, et encore un peu plus par le choix de son sujet: La place de la religion dans l’organisation de la société Saoudienne. Dans l’éducation, dans le rapport homme-femme et toutes ses incidences dans la vie (amicale, professionnelle, familiale, amoureuse…) des saoudien(ne)s.

 

 

 

L’Arabie Saoudite ne compte aucun cinéma sur son territoire, l’économie de cet art y est donc bien logiquement absente. Et pourtant, tout comme le personnage du film brave les embûches pour arriver à son but, la réalisatrice nous "délivre" aujourd’hui sa création, un film sur une nécessité de changement, sur un besoin viscéral de liberté.

 

 

 

Wadjda  a 10 ans, elle habite une banlieue de Riyadh, capitale de l’Arabie Saoudite. Elle n’a peur de rien et prend un malin plaisir à s’opposer aux règles. Refusant le rôle que la société exige d'elle, elle se bat avec malice et conviction pour concrétiser son rêve. Un rêve d’enfant (qu’on ne dévoilera pas ici !).

 

 

Elle se ballade dans l’innocence que son âge lui insuffle, n’en faisant qu’à sa tête, dans un pays où chacun se conforme aux dictats de la religion. Avec une volonté à toutes épreuves, intelligente et drôle, elle s’oppose aux adultes et à leur conformisme imposé.

 

 

Au mois de janvier 2013, lors d’une avant-première au Cinéma des cinéastes à Paris, la réalisatrice a présenté son film. Parlant beaucoup, d’un débit rapide, d’une voix de celle qui porte la parole de tant d’autres qui en ont si longtemps été privés. « Je viens d’une petite ville où l’on trouve beaucoup de petites filles comme Wadjda, qui ont de grands rêves, de fortes personnalités et tant de potentiel. Des petites filles qui peuvent, et pourront re-façonner et re-définir notre nation » explique la réalisatrice.

 

 

 

« Je souhaitais donner à ce débat intellectuel un visage humain, une histoire à laquelle on peut s’identifier et que les gens peuvent comprendre. Le film ne raconte pas une grande histoire, mais une histoire simple, celle de la relation entre une mère et sa fille, et leurs vies dans la société actuelle ».

 

 

 

Wadjda est un premier film réjouissant et poignant, des plus enthousiasmants, refusant continuellement une vision misérabiliste (qui aurait alourdi le discours) pour privilégier un traitement léger, sincère et humain, qui l’élève dans les sphères d’espoirs inaliénables.

 

 

 

D’une rare audace pour son âge, d’un aplomb sidérant, Wadjda dessine sa vie d’un trait naïf et délicat. Waad Mohammed qui joue le rôle de la petite fille, s’est présentée à l’audition, explique la cinéaste, en jean avec des écouteurs dans les oreilles et des converses aux pieds (qui jouent dans le film…), une attitude totalement décontractée et rebelle.

 

 

 

Wajdja est un magnifique film sur l’enfance, son insouciance, ses envies sans limites, sa vision non corrompues du système (religieux, social, éducatif) et sa projection vers un avenir, demain peut-être possible.

 

 

 

On sort du film sonné, bouleversé et avec sur le visage un sourire malicieux, à l’image de ce personnage : Wadjda, une petite fille libre que l’on n’est pas près d’oublier.

 

 

 

La bande annonce: 


 

 

 

 

 

 

 

 

 



04/02/2013
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