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Cinéma d auteur

VANISHING WAVES de Kristina Buozyte

 

 

SCENES DE MENINGE

 

par Bertrand Bichaud

 

1/5 MOYEN MOYEN

 

 

Lukas fait partie d’une équipe de scientifiques jouant aux apprentis sorciers. Ils ont pour projet de réaliser une expérience jusqu’alors jamais tentée : Mettre en relation l’« esprit » de Lukas à celui d’une jeune femme plongée dans un coma profond suite à un accident de voiture. Peu à peu, la connexion se fait, Lukas voit, entend et ressent la présence de cette femme. Mais il préfère (sans que cela soit clairement expliqué) cacher à ses comparses la réalité de ses ressentis pour profiter sans entraves des aventures de plus en plus fantasmatiques qu’il va vivre (avec elle ?). Des sensations qui n’ont de virtuelles que le nom…

 


 

« Vanishing waves » est le premier long-métrage de la réalisatrice à sortir en France, et le premier film Lituanien à être distribué aux Etats-Unis et au Canada. Rien de très étonnant à cela, tant il semble venir de là-bas (ou y être destiné), il n’est en effet - et c’est ce que l’on regrette - en rien différent des productions habituelles du genre. On aurait aimé qu’un regard nouveau se pose sur cette histoire qui n’en n’est pas à sa première exploration cinématographique, là est le principal défaut du film. Il manque cruellement d’originalité, de point de vue novateur, que cela soit dans le scénario ou dans sa réalisation. Il ressemble étrangement à ce qu’il n’est pourtant pas : Un film de commande.

 



En 2000 Tarsem Singh filmait peu ou prou la même histoire avec « The Cell ». Une psychologue (Jennifer Lopez) entrait en contact avec l’esprit d’un serial killer dans le coma, pour retrouver la trace d’une de ses victimes cachée on ne savait où. Un premier film d’une efficacité tranchante, et visuellement aussi inspiré qu’esthétiquement subjuguant. Il faut pourtant reconnaître à Kristina Buozyte ses qualités de réalisatrice, mais on regrette constamment à la vision du film, la gratuité de la beauté de ses plans. Créer un décor étrange, une situation bizarre ne suffit pas à convaincre et à tenir le spectateur en haleine, n’est pas Lynch, Kubrick ou Mallick qui veut. Ce petit jeu sans un immense talent peut très mal finir… Par de l’ennui.

 


 

Tout cet univers et ces effets visuels, aussi travaillés soient-ils, tombent à plat, accouchent d’un résultat bien insipide, rappelant par moments les identiques pièges dans lesquels c’était fourvoyé le « Mr Nobody » de Jaco van Dormael. Le film se transforme rapidement en une succession de séquence sans cohérence. ll devient alors une sorte de fourre-tout mêlant ça et là, une pincée de romantisme désuet, une forte dose d’instincts sexuels et d’impulsions en tout genre (et incontrôlables), le tout agrémenté d’une sauce New Age. Le plat en devient carrément indigeste et notre regard nauséeux.

 

 

 

L’histoire tourne péniblement sur elle-même jusqu’à se terminer sans réelle fin. « Vanishing waves » est à réserver exclusivement aux inconditionnels de science fiction, qui y trouveront - pour les plus indulgents d’entre eux - leur compte, c’est en tout cas ce que pousse à croire les différents prix dont le film peut se targuer, entre autres le prestigieux Méliès d’Or de l’Européan Fantastic Film Festivals Fédération de 2012, prix qui regroupe plusieurs festivals en Europe. Selon nous, ce film ne mérite aucun prix, même pas celui de sa place de cinéma.

 


 

 La bande annonce: 


 

 

 

 

 

 

 

 



28/05/2013
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