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Cinéma d auteur

UNE ESTONIENNE A PARIS d’Ilmar Raag

 

MOREAU... VACHE.

 

par Bertrand Bichaud 

 

0/5 DESOLE, ON AIME PAS

 

 

La première scène du film est réussie... Si si. Une femme, Anne, descend d’un car, c’est la nuit, et une épaisse neige Estonienne l’entoure. Un homme passablement imbibé (il urine en pleine rue) l’interpelle, puis lui saute dessus, tel un animal sauvage, et de surcroît visiblement en rut. Le bref dialogue qui s’ensuit nous apprend qu’il s’agit de son beau-frère. Pénible existence que celle de cette femme, se dit-on...

 

 

 

La scène suivante, sa mère expire son dernier souffle, pile au moment où Anne s’absente un instant de la pièce. Pas de chance… Le sort s’acharnerait-il donc alors sur elle, ou bien ? Toujours est-il que lorsqu’on lui propose de venir à Paris pour s'occuper d’une vieille dame, elle saute dans le premier avion.

 

 

L’histoire commence réellement ici, avec dans un premier temps, la rencontre entre cette (étonnement soumise) Estonienne (qui en a pourtant vu d’autres), et une Jeanne Moreau, ersatz de Tatie Danielle, l’irrésistible cynisme en moins. Pour en finir avec les points positifs, il est à noter une très jolie musique originale de Dez Mona (dont c'est la première composition pour le cinéma) et le jeu tout en nuances et extrêmement juste de la comédienne principale Laine Mägi, performance d’autant plus remarquable que le texte qu’elle doit interpréter est, dans les meilleurs moments indigestes et dans les pires (plus nombreux) absolument ridicules.

 

 

Il faut bien reconnaître que le film cumule les maladresses (euphémisme poli…). Le scénario tout d’abord souffre d’arythmie, se traînant en longueur par moments puis s’accélérant tout d'un coup de manière incohérente. Le tout manquant du développement d’un axe pour se contenter d’en survoler de nombreux, toujours inaboutis. L’histoire se déroule ainsi devant nous, devenant de plus en plus invraisemblable, et le peu d’intérêt que l’on portait aux personnages fond comme neige (Estonienne…) au soleil.

 

 

 

En dehors de Laine Mägi, et de Jeanne Moreau, une question se pose : Le reste du casting est-il une énorme supercherie ou est-ce la direction de comédien qui est au mieux absente, au pire intégralement erronée ? De plus, chose rare au cinéma, même les figurants sonnent faux, jouent "à côté". Sans compter l’erreur de raccord d’un vêtement (un foulard) qui se trouve justement être au cœur de la scène le concernant. Enfin, dernier écueil dans lequel le réalisateur se fourvoie allègrement: sa manière de filmer Paris –tiens l’Arc de Triomphe !- digne des cartes postales –tiens la Tour Eiffel !- les plus – tiens les quais de la Seine !– surfaites. Seul le Sacré-Cœur nous est épargné, ceci constituant l’une des rares sources de satisfaction une fois la fin de la projection arrivée.

 

 

 

Voilà un film que l’on aurait aimé aimer, encore eût-il fallu qu’il soit pour cela bien différent.

 

 

 

La bande annonce:

 

 

 

 

 

 



27/12/2012
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