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Cinéma d auteur

ULTIMO ELVIS d’Armando Bo

 

 

DANS LA PEAU DE …

 

par Bertrand Bichaud 

 

3/5 ON AIME BEAUCOUP

 

 

Carlos travaille dans une usine en Argentine, mais sa raison de vivre est ailleurs. Sur scènes, en chantant le répertoire d’Elvis Presley. Il travaille pour une agence de sosie, qui l’envoie tantôt dans des salles des fêtes pour des mariages, tantôt dans des maisons de retraite. Pourtant, quel que soit son public, Carlos se donne toujours à fond, avec amour et dévotion pour le chanteur défunt.

 

 

 

Bien plus qu’un passe-temps, toute ta vie tourne autour de son identification au King. Il surnomme sa femme (dont il est séparé) Priscilla, et a appelé sa fille Lisa Marie… Lorsqu’il allume la télé, c’est pour (re)voir un concert d’Elvis, dans sa voiture (américaine des 60’s, forcément) son autoradio n’accepte que les chansons du rockeur. D’ailleurs, lui-même exige qu'on l'appelle Elvis. Elvis Presley.

 


 

Carlos à la quarantaine, et pour être au plus près de son idole au même âge, il s’impose un régime afin de prendre des kilos supplémentaires. Pourtant, à bien y regarder, il ressemble plus à Beau Bridges qu’à Elvis... Peu importe, sa voix et ses habits donnent le change.

 

 

 

Ultimo Elvis est le premier film d’Armando Bo, nom qui ne vous dit peut-être rien, et pourtant c’était lui, en tant que scénariste, qui avait imaginé et écrit l’histoire si sombre de Biutiful, réalisé par Alenjandro Gonzales Inarritu, ici Producteur associé.

 


 

Ce film avait tout d’un projet « casse gueule ». Un long-métrage, avec un comédien inconnu, sur l’histoire d’un homme sosie d’Elvis, était-ce bien raisonnable ? C’était sans compter le talent de scénariste d’Armando Bo. La question trouve dès les premières minutes du film sa réponse, on ne peut plus positive.

 

 

 

À noter l’exceptionnelle performance de John McInerny (véritable sosie d'Elvis dans la "vraie" vie), qui assure avec grâce et puissance son interprétation, qui n’était pas sans pièges. Son jeu est impeccable et d’autant plus impressionnant qu’il signe avec ce film son premier rôle au cinéma. Il réussit aussi parfaitement, un exercice lui aussi qui ne manquait pas de risque, chanter lui-même les reprises (à la manière) d’Elvis.

 

 

 

Carlos, se noie dans son imagination, tel un enfant perdu dans un rêve trop grand pour lui. À force de vouloir devenir un autre, il n’est plus personne. Ni lui-même, qu’il réfute, ni l’Autre qu’il ne sera jamais vraiment, à moins que…

 

 

 

Ultimo Elvis est un film sur la dépersonnalisation, le fanatisme et l’obsession. Une histoire étrange et terriblement attachante sur la fragilité psychologique et l’identification à outrance. Tristement beau, ce film sonne comme une chanson d’amour déchu. A voir (et à écouter).

 


 

La bande annonce:

 

 



17/01/2013
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