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Cinéma d auteur

SURVIVRE de Baltasar Kormakur

 

 

I WILL SURVIVE

 

 

par Bertrand Bichaud

 

3/5 ON AIME BEAUCOUP

 

 

Kormakur est sans nul doute le plus intéressant des réalisateurs Islandais. Bon, il faut bien dire que la concurrence est assez modérée sur l’île, en particulier vu d’ici. En dehors de Dagur Kari et de Friorik Por Frioriksson, les autres cinéastes (s’ils existent) n’arrivent pas jusqu’à chez nous. Kormakur lui, a la chance de, non seulement dépasser ses frontières, mais aussi d’être le plus célèbre en son pays. Son génial et glacial polar « Jar City » est aujourd’hui encore le film ayant réalisé le plus d’entrées dans l’histoire du cinéma Islandais avec… 80 000 entrées ! Oui, ça paraît peu en valeur absolue, en revanche quand on sait que la population totale est de 320 000 habitants, ça en fait incontestablement un énorme succès.

 

 

« Survivre » est inspiré de faits réels… aux allures pourtant irréelles. En 1984, un chalutier avec un équipage composé de 4 personnes sombre au large des côtes Islandaises. C’est la nuit, la température extérieure est de -3° et celle de l’eau de 5°. Rapidement, les pécheurs tombés à l’eau meurent d’hypothermie. Tous, sauf un…

 

 

« Survivre » est un film catastrophe, mais pas que. Tout comme « Jar city » était un polar, mais pas que (non plus). D’aucuns diraient qu’il s’agit de la même histoire que le Titanic, un bateau chavirant ne laissant derrière (ou plutôt au-dessus de) lui que peu de survivants. Alors, oui d’accord, si ce n’est que ça n’a rien à voir. D’un côté Hollywood filme de manière spectaculaire à renfort d’effets visuels hyper sophistiqués une romance (avec Céline Dion faisant ses vocalises). De l’autre, Kormakur adopte un choix de réalisation d'une sobriété exemplaire, sans aucune grandiloquence, renforçant la crédibilité du récit.

 

 

Le cinéaste ne se contente pas, comme c’est le cas dans la plupart des films catastrophes, de débuter par un prologue permettant d’exposer les personnages, puis de développer la catastrophe tout au long du film, pour terminer sur une dernière scène montrant le futur sauvetage des survivants. Avec au choix, un hélicoptère héroïque arrivant au son victorieux de ses hélices, la vision d’un bout de terre avec la lumière chaleureuse d’une ville, ou l’arrivée triomphale d’un bateau de sauveteurs toutes sirènes hurlantes…

 

 

Ici, bien que la catastrophe soit au cœur du sujet, le film ne se réduit pas à elle. La structure du scénario offre au spectateur, l’avant, mais aussi l’après drame, c’est en ça que « Survivre » se démarque et devient novateur et captivant. À noter la formidable interprétation du comédien principal Olafur Darri Olafsson, déjà vu dans d’autres films du réalisateur (« 101 Reykjavic », « Bruoguminn », « Contrebande »).

 

 

« Survivre » est un film réaliste et effrayant, réinventant le genre du film catastrophe sans le dénaturer. Kormakur signe une intrigante réflexion sur la place de l’homme face à une nature aussi indomptable que fascinante. 

 

 

 

 

La bande annonce: 

 





26/04/2013
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