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Cinéma d auteur

OH BOY de Jan Ole Gerster

 

 

WHAT ESLE ?

 

par Bertrand Bichaud

 

3/5 ON AIME BEAUCOUP

 

 

D’aucuns diraient que le film raconte l’histoire d’un type qui, durant vingt-quatre heures, a pour seule envie (et humble ambition) de boire un café, un acte relativement banal habituellement. C’est sans compter les embûches aussi multiples qu’inattendues qui vont ponctuer ses bien vaines tentatives. En disant ceci, d’aucuns (toujours eux…) bien qu’ayant raison, seraient pour le moins réducteurs et incomplets. Car de nombreux événements vont s’inviter dans ce bien innocent postulat de départ

 


 

Niko est un jeune homme paumé, qui n’a pas encore trouvé la vie qu’il souhaite, et encore moins (bien logiquement) le chemin pour l’atteindre. Peu engagé dans sa recherche, il laisse le hasard guider ses pas au quotidien. Son comportement dévoile une insouciance désabusée, mêlée à une mélancolie fataliste.  

 


 

Déambulant avec nonchalance dans ses incertitudes, il « assiste » à sa vie, comme attendant qu’elle se décide à prendre une forme plus concrète. Pas plus impliqué que ça dans une relation amoureuse (indéfinie), n’allant plus à ses cours depuis bien longtemps, cette existence donne la douloureuse impression que même son destin l’a pour un moment abandonné.

 



Tous ceux qui vont croiser sa journée et sa nuit, l’accompagner pour quelques pas, quelques mots ou quelques verres, ont pour point commun leur sévère étrangeté. Des comportements déplacés, des propos biscornus, des modes de vie insolites. Si bien que Niko, en arrive à s’interroger : « Lorsqu’on trouve bizarres tous les êtres qui nous entourent, ne faut-il pas remettre en cause sa propre normalité ? ».

 


 

Dès le début, le film impose son parti pris esthétique, en faisant le choix du noir et blanc pour ses images, et du jazz pour sa musique. Une association - bien qu’évidente - toujours aussi séduisante par son élégance et sa grâce.   

 


 

Il se dégage de l’ensemble une vivifiante sensation de liberté. Ou quand le cinéma d’auteur sait se faire (et se montrer) différent, car inattendu, sans règles à respecter. En ressort une indéniable et délicieuse ivresse. Pour son premier film, Jan Ole Gerster ne s’encombre pas d’obligation de structure, de carcans scénaristiques inutiles. Refusant le poids d’obligation, son cinéma dégage une fraîcheur bienfaitrice.

 


 

Le réalisateur explique : "Les premières fois sont toujours magiques. C’est la même chose avec les films. Très jeune, le désir de faire des films est apparu. Je ne réalisais pas la différence entre regarder des films et en faire. Pour moi, regarder des films était et reste aujourd’hui encore une échappatoire à la réalité, alors qu’en réaliser m’oblige à m’y confronter."

 


 

Burlesque par moment, souvent drôle et toujours surprenant, « Oh boy » est un film foncièrement personnel, bourré de charme et furieusement attachant. Que demander de plus ?

 


 

 La bande annonce: 


 

 

 

 

 



07/06/2013
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