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Cinéma d auteur

LES VOISINS DE DIEU de Meni Yaesh

 

SHABBAT DABADA…

 

par Bertrand Bichaud

 

3/5 ON AIME BEAUCOUP

 

 

De nos jours à Bat Yam (dans la banlieue de Tel Aviv) en Israël. Trois jeunes hommes, Avi, Kobi et Yaniv unis par une profonde amitié et par leur pratique religieuse commune, passent leurs journées à jouer au foot, au bagamone, à écouter (et faire) de la musique et à fumer des joints… Mais chaque vendredi, tout change, c’est le jour de shabbat. Le moment du repos.

 


 

Alors, lorsqu’une voiture « Arabe » traverse leur quartier, l’auto-radio hurlant, ou lorsque Miri, l’une de leur voisine (juive mais non pratiquante) s’habille, selon eux, de manière trop légère, rien ne va plus. Les trois jeunes hommes, telle une milice de justiciers (de Dieu…) interviennent. Ils menacent, interpellent, et se battent avec la ferme et définitive volonté d’imposer leurs règles, quelle qu’en soient la violence et les conséquences que cela implique.

 


 

Jusqu’au jour où Avi tombe sous le charme de Miri. Pour une fois, ce sont une partie de ses croyances qui vont en prendre un coup. Troublé par la jeune femme, il va remettre en cause ses agissements, son mode de pensée, son jusqu’auboutisme à faire respecter sa vision unilatérale du judaïsme. Ou lorsque les sentiments et le désir prennent le pas sur la raison et ses (fragiles) certitudes. 

 


 

« Les voisins de Dieu » est le premier long métrage de Mani Yaesh. "La première chose que j'ai demandée aux acteurs, c’est de venir dans mon quartier étudier la façon dont nous parlons, notre manière de nous habiller, nos habitudes, nos comportements, tout. Nous avons beaucoup travaillé là-dessus " explique le réalisateur. 

 


 

Le film nous plonge dans un univers des plus actuels, où cohabite une modernité des comportements et une intemporalité des traditions religieuses se perpétuant vaille que vaille. La mise en scène est dynamique, semblant toujours en alerte. Sentiment renforcé par un judicieux travail du son. Le casting quant à lui, est un sans faute, y compris du côté des personnages secondaires particulièrement bien dessinés (l’étonnant et atypique rabbin, l’homme au van tagué, le dealer et sa grosse cylindrée…).

 


 

« Les voisins de Dieu » pose face à face la foi d’un pratiquant et son désir d’homme. Mettant à jour les conflits intérieurs générés par les contradictions opposant son engagement religieux et ses sentiments amoureux. Comment associer de si nombreux points d’encrages issus d’années d’apprentissage théorique, à ce mystérieux bouleversement, ne répondant à aucune logique, et pointant du doigt les incohérences de son mode de vie ? L’amour d’une femme peut-il surpasser l’amour de Dieu, ou plus humblement en redéfinir les contours et en redonner une lecture plus juste, tolérante et bienveillante ?

 


 

« Les voisins de Dieu » est un film sociétal et sentimental sur l’Israël d’aujourd’hui, sur les néfastes incidences du fanatisme aveugle, mais aussi sur l’espoir d’une foi tempérée, prête à modérer ses interprétations pour en assainir et en assagir son avenir.

 

 

 

La bande annonce: 

 



02/04/2013
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