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Cinéma d auteur

LES BEAUX JOURS de Marion Vernoux

 

 

ARDANTE RELATION

 

par Bertrand Bichaud

 

1/5 MOYEN MOYEN

 

 

Depuis une vingtaine d’années, Marion Vernoux alterne des réalisations pour la télévision et pour le cinéma. Traitant visiblement de manière identique ses créations quel qu’en soit le support de diffusion. Le résultat en est la plupart du temps un film « vivant » raisonnablement sur petit écran, mais justifiant plus difficilement sa diffusion au cinéma. Il faut lui reconnaître une grande qualité : sa constance à établir des casting aussi recherchés que de qualité. « Personne ne n’aime » (1994) avec Bernadette Lafont, Bulle Ogier, Jean-Pierre Léaud. « Love » (1996) avec Charlotte Gainsbourg, Yvan Attal, Charles Berling. « Reines d’un jour » (2001) avec Karine Viard, Hélène Fillières, Victor Lanoux, Jane Birkin, Sergi Lopez. « À boire » (2004) avec Emmanuelle Béart, Edouard Baer, Jackie Beroyer, Marina Foïs. Autre particularité dont son cinéma profite, une direction de comédien qui fait la différence. Ceci dit, on peut aussi regretter une régularité de choix d’histoires qui ont du mal à se suffirent à elles-mêmes. Associé à une réalisation d’un classicisme standard, sa filmographie donne constamment l’impression qu’elle aurait pu (à peu de choses prêts) être intéressante. « Les beaux jours » vient compléter et confirmer avec continuité et cohérence son travail passé. 

 


 

Caroline, dentiste à la retraite depuis peu, ayant perdu sa meilleure amie quelques mois auparavant, se retrouve abonnée par l’une de ses filles à un club pour personnes âgées. « Les beaux jours » est le nom de ce lieu où l’on prend des cours de théâtre, de poterie, d’informatiqueSa rencontre avec l’un des profs va bouleverser ses repères et sa nouvelle vie qui s’annonçait pourtant bien terne et triste. Une relation des plus ardente (ardante?) va naître de cette histoire.

 

 

Le film est tiré du livre de Fanny Chesnel « Une jeune fille aux cheveux blanc ». Une histoire qui aurait nécessité un véritable regard cinématographique. Ici, la réalisation est comme habituellement neutre. Bien que le début offre de très beaux plans, se permettant des flous inattendus et bienvenus. Mais l'absence de point de vue reprend le dessus. Une nouvelle digression de réalisation, mais qui cette fois est aussi incongrue que malvenue intervient en scène finale. Une caméra à l’épaule, type film amateur, suit des personnages se jetant à l’eau…

 


 

Si le film tient (presque debout) c’est grâce aux trois comédiens principaux, tous trois (très différemment) absolument remarquables dans cette composition de trio adultère, Fanny Ardant que l’on retrouve avec émotion et bonheur en femme en pleine crise de la… soixantaine, Laurent Laffite séducteur paumé, victime complaisant de son succès, et Patrick Chesnais en mari désabusé, trompant puis trompé, dont l’humour à froid, et la mélancolie sous-jacente ne trompe personne. Une mention spéciale est à apporter au choix judicieux du titre de Noir Désir « Le vent nous portera » diffusé à plusieurs reprises dans la magnifique version de Sophie Hunger.

 

 

« Les beaux jours » vous permettra certainement de passer un moment relativement agréable et divertissant lors que son futur passage en télé. De là à vous conseiller d’aller le voir au cinéma…

 

 

La bande annonce:  



20/06/2013
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