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Cinéma d auteur

LE SENS DE L’HUMOUR de Marilyne Canto

 

 

L’ESSENCE DE L’AMOUR

 

par Bertrand Bichaud

 

2/5 ON AIME BIEN

 

Elise est conférencière de musée. Veuve depuis peu, elle vit seule avec son fils Léo, un pré-ado. Suite à sa rencontre avec Paul, un brocanteur, elle débute une relation amoureuse parcellaire, troublée par son inconstance due à la souffrance du deuil, qui assombrit ses pensées tout autant que ses actes.

 

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Voilà des années que l’on suit la carrière de Marilyne Canto en tant que comédienne. Une présence souvent discrète (mais parfois mémorable) dans des rôles ne lui laissant pas toujours le temps de démontrer toute l’étendue de son talent. On s’en souvient dans « L’ivresse du pouvoir » de Chabrol, « Le bal des actrices » de Maïwenn, « Le dernier pour la route » de Philippe Godeau, « Les neiges du Kilimandjaro » de Guédiguian. Elle participa aussi au plus confidentiel, mais non moins pertinent film de Joël Brisse « Suite parlée », elle partageait alors déjà l’affiche au côté d’Antoine Chappey, avec lequel elle tourna récemment dans le drôle de film « Le prochain film » de René Féret.

 

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Il y a quelques mois, dans « La tendresse », elle jouait l’ex-femme d’Olivier Gourmet confrontée à des retrouvailles forcées, le temps d’un voyage en voiture pour rejoindre leur fils, suite à une mauvaise chute à ski. Ce film de Marion Hänsel n’est pas sans lien avec « Le sens de l’humour » le premier long-métrage de Marilyne Canto en tant que réalisatrice. On y retrouve cette économie d’effets, et une revendiquée simplicité dans le traitement de l’histoire.

 

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La principale force du film tient dans la qualité des dialogues et dans leur interprétation. Avec un casting restreint, la plupart des scènes se concentrant sur le trio: Elise, son garçon et son « amant ». À noter la présence pour la première fois au cinéma de Samson Dajczman, particulièrement convaincant dans le rôle du fils, parfaitement juste, d’un réalisme épatant.

 

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« Le sens de l’humour » en contient en réalité bien peu. La douleur de l’absence du défunt prenant le pas sur toutes possibilités de souriante projection vers l’avenir. Le film scrute davantage l’essence de l’amour. La nature profonde de ce sentiment. Son esprit, y compris dans son abstraction. L’amour de Lise pour son enfant, pour son mari disparu, mais aussi celui qu’elle refuse de s’autoriser pour Paul. 

 

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Le film souffre quelque peu d’un manque d’aspérité qui amoindrit l’ensemble. Toute la délicatesse de la retenue se transformant parfois en dérangeantes ellipses. Une mise en scène s’imposant avec plus de parti pris aurait certainement soutenue plus intensément le récit. Il reste de très jolies scènes, des « moments de vérité » qu’il est rare de voir ainsi porter. Le film de plus, échappe aux travers de ce qu’il aurait pu être, ne tombant jamais dans un intellectualisme prétentieux, parfois symptomatique  du cinéma d’auteur Français. Bien au contraire, il se révèle d’une grande  accessibilité. Et d'une profonde humilité, peut-être un peu excessive pour réussir pleinement à déployer toute la richesse et la complexité de son sujet.

 

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02/03/2014
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