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Cinéma d auteur

LE QUATUOR de Yaron Zilberman

 

 

 

ACCORDS ET DESACCORDS

 

par Bertrand Bichaud

 

2/5 ON AIME BIEN

 

Lorsque le violoncelliste d’un quatuor à cordes New Yorkais (mais de renommée mondiale…) apprend qu’il est atteint de la maladie de Parkinson, l’avenir de la formation ne tient plus qu’à un fil (une corde ?). Malgré leur vingt-cinq années de collaboration, d’enregistrements et de tournées, leur équilibre (respectif et collectif) semble perdu à tout jamais. 

 


 

« Le Quatuor » est un film à l’image de la musique dont il parle : Classique ! D’un classicisme attendu et convenuSa mise en scène et son scénario empêchent les envolées qu’un tel sujet aurait pu offrir. Les meilleurs moments du film se concentrent sur les échanges, discussions et doutes des musiciens sur leur art, leur façon de l’aborder, de le vivre et de le faire partager. Son exigence constante et sans fin, et ses plaisirs subtils et éphémères.

 



Toute la seconde (et parallèle) partie concernant les aléas sentimentaux et existentiels des personnages, pour faire court : on s’en moque littéralement. Elle ne génère qu'une envie, leur demander: « mais taisez-vous maintenant, et refaites semblant de jouer du Beethoven, ce sera beaucoup plus beau et intéressant… ».

 


 

Il faut reconnaître au cinéaste sa judicieux décision d’éviter les excès de bons sentiments Hollywoodiens, pas de « sur effets » émotionnels dont il aurait pourtant été facile d’abuser lors des scènes de concerts. Mais ce qui manque cruellement à l’ensemble pour s’élever d’un terre-à-terre assez pesant, c’est un regard personnel, un point de vue dont Yaron Zilberman s’est visiblement passé pour raconter son histoire. Péché d’humilité ou carence d’inventivité ?

 


  

Le film tient tout de même honorablement son rôle, grâce principalement à son quatuor de comédiens (Catherine Keener, Christopher Walken, Philip Seymour Hoffman, Mark Ivanir) qui interprète avec une finesse de jeu que l’on devine similaire à celle des musiciens qu’il compose. Et quel plaisir de retrouver Christopher Walken ! Étonnement hyper convaincant dans un personnage aux antipodes de ces rôles les plus marquants.

 

 

 « Le quatuor » est un film sans surprise mais sans douleur, truffé de jolies parenthèses musicales, porté par de prestigieux comédiens aux numéros (gagnants) irréprochables.  

 



 



11/07/2013
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