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Cinéma d auteur

LA PARADE de Srdjan Dragojevic

 

(PAS) GAIE PRIDE

 

 par Bertrand Bichaud

 

1/5 MOYEN MOYEN

 

 

Il était pourtant l’un des films d’auteur les plus attendus de ce début d’année, bénéficiant depuis quelques semaines d’une importante diffusion de sa (réussie) bande-annonce en salles. L’affiche quant à elle scandait fièrement « Après La visite de la fanfare, entrez dans La parade », donnant la fausse impression qu’il s’agirait du même metteur en scène.

 

 

 

Mais après avoir vu « La parade », le doute n’est plus possible, il n’existe aucun lien entre ces deux films. Le premier ayant été drôle, original et touchant, et le second se montrant par moments pénible, parfois même grossier et vite oublié.

 

 

 

Lemon, une brute (homophobe) à la tête d’une bande de mafieux, voulant sauver son chien (qui vient de faire l’objet d’une tentative de meurtre…) rencontre un vétérinaire (gay) qui va, après maintes péripéties, lui demander de s’occuper du service d’ordre de la première Gay Pride de Belgrade

 

 

 

À vouloir se concentrer exclusivement sur l’humour, l’histoire, après un départ relativement convaincant, assez drôle et très dynamique, s’essouffle rapidement. Tombant dans la deuxième moitié du film dans une série de tentatives de « drôleries », au mieux laissant indifférent, au pire, se révélant assez consternante. Dans « La parade », tous les hétéros sont des brutes tatouées et homophobes. Les gays, eux, roulent dans des voitures roses et vendent des robes de mariées.

 


 

Le principal défaut du film réside en sa vision, on ne peut plus caricaturale des personnages. Ce qui le tire inexorablement vers des tréfonds, dont il ne ressortira pas. Pour exemple, cette scène, triste pastiche de la biscotte de « La Cage aux folles », ou l’un des hétéros apprend à ne plus lever le petit doigt à un homo quand il boit un verre. Où encore la découverte, que Ben-Hur serait peut-être bien un film sur l’amour de deux hommes (Ben-Hur et Messala) et non une amitié purement et virilement hétéro. Là encore, on est carrément dans du Dubosc, lorsqu’il met en scène dans l’un de ses sketches un adolescent découvrant, atterré, la préférence sexuelle des Villages People, de Georges Michael ou de Freddie Mercury. Bref, beaucoup de réchauffer qui finit "refroidir" le spectateur…

 

 

 

À force de vouloir développer avec si peu de nuances et de finesse le registre gaguesque, le réalisateur sacrifie son sujet : la dénonciation de l’homophobie et les cicatrices de la guerre. Ces tentatives de prises de conscience et de dénonciations restent vaines, tombant peu à peu à l’eau, pour s’y noyer dans une tristesse qui n’a aucunement sa place dans une comédie.

 

 

La bande annonce:

 

 



21/01/2013
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