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Cinéma d auteur

LA MAISON DE LA RADIO de Nicolas Philibert

 

MICRO FILM 

 

par Bertrand Bichaud 

 

3/5 ON AIME BEAUCOUP 

 

« La maison de la radio » donne la très agréable illusion d’être une petite souris, enfermée de manière bien consentante, dans l’immense maison ronde pour 24h,  passant, au bon vouloir des couloirs (aussi arrondis qu’infinis) d’une radio à une autre, d’un enregistrement de musique à celui d’une fiction, d’une réunion de rédaction au montage d’un reportage… 

 


 

 

Pas de voix off dans ce sobre dispositif, pas d’indication sur ce qui est filmé (quelle radio, quelle émission, quelle personne…).  Mais les plus fidèles auditeurs de Radio France reconnaîtront certaines voix. Le choix, forcément non exhaustif, semble s’être fait à la fois sur une volonté de diversité et sur la magie du hasard de l’instant capté. 

 


 

 

Les images s’enchaînent sans logique imposée, ne respectant que (vaguement) la chronologie d’une journée et d’une nuit. Au programme du film, entre autres : Une répétition d’un orchestre, une interview d’Hervé Pauchon d’un photographe d’éclair (un amoureux des coups de foudre…), la préparation d’un flash info par une journaliste aveugle écrivant en braille (puis lisant à l’antenne en direct) son texte, un invité de Rébecca Manzoni racontant l’histoire d’un ingénieur son enregistrant le son d’une « patate » en train de pousser (!!!), le débriefing d’un futur journaliste suite à l’écoute d’une de ses maquettes… 

 


 

 

La maison ronde est une ville dans la ville. Avec ses cuisines, son garage, ses bureaux, ses studios, sa salle de cinéma (que l’on ne voit d’ailleurs pas dans le film…), son point presse etc. Ses habitants sont aussi différents que semblables. La passion du son les unis… à l’unisson. Et c’est ce que Philibert filme : la musique, les voix, les bruits, les intonations, et bien sûr les silences sans qui le reste n’aurait aucun sens. 

 

 

 

Deux petits regrets : Le peu de place laissée aux programmes de nuit, pourtant tellement important dans la vie d’une radio, seul média à avoir un contenu si travaillé et adapté à cet horaire. Et l’absence d’une des stations les plus spécifiques du paysage radio et n’ayant aucun concurrent privé osant s’y confronter, la merveilleuse FIP. 

 

 

   

Nicolas Philibert a réussi son pari de ne pas altérer le mystère de la radio, sa si subtile magie. « La maison de la radio » est un beau film, qui donne (après sa vision) envie de fermer les yeux, et d’allumer son « transistor » pour voir, comme toujours, des images se créer par stimulation de notre imagination, à la simple écoute d’une voix, d’un mot, d’une idée... 

 


 

 

La bande annonce: 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



05/04/2013
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