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Cinéma d auteur

LA FILLE DE NULLE PART de Jean-Claude Brisseau

 

LA FILLE (DE) NULLE (PART)

 

par Bertrand Bichaud 

 

0/5 DESOLE, ON AIME PAS

 

 

Le premier problème du film qui saute aux yeux et aux oreilles dès la première scène est malheureusement double. L’écriture et son interprétation. L’écriture des dialogues est très « écrite », manquant totalement de naturel et de réalisme. Cet obstacle se confronte parallèlement à l’absence sidérale d’intention de jeu des deux comédiens principaux (et quasi uniques du film), le résultat en est des plus indigeste. Le texte est en effet (et sans effet) récité comme on lirait un livre que l’on découvre, sans être certain de bien le comprendre. Les virgules, au mauvais endroit, accentuent le malaise de la non-interprétation.

 

 

 

Deuxième déception, et pas des moindres : l’histoire. Elle se développe dans la douleur, sans aucuns soucis de cohérence, ni même de crédibilité. Pour ne citer que deux exemples, l’arrivée d’un médecin débarquant les mains dans les poches, où un voyou attaquant l’un des personnages pour son argent, se voyant repousser, s’éloigne, puis revient, poignarde sa victime (poussant des grognements inadéquats), et enfin repart, sans le portefeuille de l’agressé…

 

 

 

Brisseau, plus adipeux que jamais nous plonge (une fois de plus) dans sa libidinale obsession d’une relation entre un vieux monsieur instruit et une jeune fille ingénue… Là ou « Noce blanche » avait le mérite de mettre en scène des comédiens qui sauvaient l’histoire (Bruno Cremer et Vanessa Paradis), ici elle tombe dans un ennui et un sentiment général de malaise, dont seule la fascination qu’elle suscite incite à rester  jusqu’à la fin de cette non-histoire.

 

 

 

Quelques citations d’auteurs classiques, mixées à des envolées (à ras de terre) philosophico-existentialistes et ésotérico-théologiques donnent une indication sur la (probable) volonté du réalisateur de revendiquer son appartenance à un cinéma « intello ». Alors qu’il n’est en réalité qu’un fourre-tout dont la prétention n’a d’égal que l’ennui et le ridicule dont elle est le résultat.  

 

 

 

La lourdeur de la réalisation reproduisant par moment, dans un systématisme pénible des champs contre-champs mal synchronisés n’arrivent pas à faire oublier, ni les erreurs de scripte, ni les problèmes de prise de son…

 

 

 

Alors comment expliquer les louanges d’une seule voix promulguées par l’ensemble de la presse à l’égard de cette « Fille (de) nulle (part) »? Là, réside le seul point méritant que cette création engendre.

 

 

Voici donc une histoire qui, ne partant de rien, et en passant par pas grand chose (en tout cas rien de plaisant), arrive tout de même, à renfort de mauvaises idées et de maladresses, absolument nulle part. Et ça, c’est pas rien, puisque ça existe…

 

 

La bande annonce:

 

 

 

 

 



07/02/2013
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