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Cinéma d auteur

LA DEMORA de Rodrigo Pla

 

LE VIEUX POUCET

 

par Bertrand Bichaud 

 

3/5 ON AIME BEAUCOUP 

 

 

En 2007, Rodrigo Pla, réalisateur Mexicain avait signé avec « La zona » un premier film passionnant sur l’opposition des pauvres et des riches à Mexico, à travers l’histoire d’une zone réservée aux plus fortunés, sorte de ville protégée du monde par des remparts, cachant la misère et protégeant de son supposé danger.

 

 

 

« La démora » étonne dans un premier temps par le changement de ton et de traitement. L’histoire prend son temps pour se présenter, s’installer puis se développer. L’approche quant à elle, se révèle clairement naturaliste. Sans effet dramatique marqué, ni accélération dans le récit. Les codes habituels d'écriture paraissent avoir été occulté. Rodrigo Pla démontrant plus qu’auparavant une remarquable personnalité de cinéaste.

 

 

 

« La démora » raconte la vie de Maria, une mère-célibataire, élevant ses trois enfants et s’occupant de son père, un homme âgé dont la mémoire doucement lui échappe. Travaillant de chez elle, pour un salaire modique, elle décide de « placer » son père dans une maison de retraite. Mais elle n’a pas les moyens pour payer une institution privée et n’est pas assez dans la précarité aux yeux des services publics pour en bénéficier …

 

 

 

Le film traite de la souffrance, de la solitude, de l’abandon, de la culpabilité, et de la tristesse qui résulte de tous ces maux. Il est question de la perte de ses repaires,  de ses souvenirs, de ses engagements, de sa volonté. Et de l’individualisme sournoisement légitimé par la culture de nos sociétés occidentales.

 

 

 

« La démora » est un conte sur la détresse ordinaire, avec un semblant de surréalisme nous interrogeant sur la réalité de l’histoire. Ne serait-ce pas en réalité qu’une mauvaise pensée, qu’une malveillante parenthèse de notre inconscient? Comme l’explique Laura Santullo, la scénariste : « C’est l’histoire d’un accident émotionnel, d’un moment où quelque chose soudain se rompt chez Maria ».

 

 

 

À noter une très belle réalisation, attentive aux personnages, les accompagnant au plus près de leurs émotions. L’histoire incite à la réflexion, jamais au jugement. Elle témoigne des temps modernes, de nos modes de vie pressés, de ce qui constitue peut-être les prémices d’une forme de capitulation de notre civilisation.

 

 

 

« La démora » est un film beau et triste, nécessaire et douloureux, une réflexion réaliste et courageuse sur la condition actuelle de notre vie en société, et sur ses croissantes dérives, qui à force de manque d’humanité, pourraient bien nous condamner à un individualisme sans fin.

 

 

La bande annonce: 

 

 

 

 

 



21/02/2013
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