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GIMME THE LOOT d'Adam Leon

 

AMERICAN GRAFFITI

 

par Bertrand Bichaud


 3/5 ON AIME BEAUCOUP

 


Malcom et Sofia sont deux jeunes vivant à New York. Le point de départ du film est un projet qu'ils ont, un projet aussi improbable et anecdotique que symboliquement essentiel pour eux: taguer la pomme géante du Shea Stadium. Et faire ainsi passer à la télé leur graff. Ou comment se donner l'impression d'exister, d'être vivant en se sentant ainsi "exposé" devant le plus grand nombre.

 


 

Mais pour que leur rêve se réalise, ils devront donner de l'argent à l'un des types de la sécurité du stade. Le film se transforme alors en une quête, pour trouver cette somme, 500$. Une fortune si il s'agissait de gagner cet argent, mais un montant apparaissant ridicule lorsque l'on s'y prend autrement...

 


 

Ils vont alors faire appel à toute leur imagination, aux rencontres de hasard des rues, et aux (faux) potes qui ne cherchent en vérité qu'à les arnaquer. Ainsi tourne le monde dans leur quartier.

 

 

 

Une vie faite de petites galères qu'ils abordent avec l'humour et la distance nécessaire à la vivre le mieux possible. Ils rencontrent, sans s'en préoccuper plus que ça, des situations qui pourraient bouleverser leur quotidien, et les faire tomber, à force de jouer aux équilibristes entre petits larcins et véritables vols. 

 

 

 

Malcolm deale un peu, mais il a plus peur du dealer qui le fournit (quand il le double...) que de l'éventualité de se faire arrêter par la police. Il tague, mais là encore, son inquiétude vient uniquement de la peur qu'une bande d'un autre quartier recouvre ses dessins.  

 

 

Baltringues inquiétants, escrocs à la petite semaine, paumés en tous genres croisent leur chemin. Et toujours ces mêmes codes qui les lient : les mots et les tags, une manière d'appréhender la rue. Une sorte de "Street art" de vivre.

 

 

 

Dans "Gimme the loot", les hommes jouent aux durs et les femmes jouent aux hommes. Un jeu de faux semblant basé sur l'allure, les gestes, le répondant, le langage. Avoir le dernier mot pour sauver son honneur quoi qu'il arrive.

 


 

On ne verra pas où ils vivents, de toutes façons, leur terrain de prédilection reste la rue. Seuls des appels fréquents de la mère de Malcom (l'appelant toujours au mauvais moment) nous rappelle qu'il vient tout juste de sortir de l'enfance.

 


 

La mise en scène est parfaitement synchrone avec le sujet, une réalisation faussement "à l'arrache" qui accentue le réalisme et magnifie la sincérité des personnages. 

 


 

Il y a une liberté et une aisance à la Amos Kollec et une précision à la Cassavetes chez ce trentenaire qui signe ici son premier film. La spontanéité qu'il inssufle à sa réalisation contribue à une totale immersion dans l'histoire, sans filtre esthétique, sans positionnement moral. On se retrouve là, marchant dans la rue, avec Malcom et Sofia, partageant quelques heures de leur vie. Et avec une tristesse à les quitter à la fin du film, à la hauteur du plaisir que l'on a eu à les rencontrer.

 


 

Adam Leon nous offre avec "Gimme the loot", le meilleur du cinéma indépendant Américain actuel, et se positionne dès son premier film comme le digne héritier des plus grands qui l'ont précédé. 

 

 

 

La bande annonce:

 

 

 



08/01/2013
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