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Cinéma d auteur

EL ESTUDIANTE de Santiago Mitre

 

 

SECRETS ET MENSONGES

 

par Bertrand Bichaud 


1/5 MOYEN MOYEN

 


Roque est un étudiant qui, débarquant de sa province, découvre les codes de vie de l’université de Buenos Aires. Par le biais de rencontres amicales et amoureuses, il décide de s’impliquer dans le militantisme syndical étudiant.

 

 

 

« El estudiante » est le premier film de Santiago Mitre, qui avait signé l’excellent scénario de « Carancho » réalisé par Pablo Trapero, un polar sombre sur un assureur véreux (le génial Ricardo Darin) et une infirmière toxico. On retrouve dans « El estudiante » la noirceur du scénariste, mais ici sans aucune lueur d’espoir. Dans « Carancho », malgré la violence des rapports entre les personnages, malgré la description cauchemardesque des « laissés pour compte » de la société, il y avait cette histoire d’amour qui unissait les deux protagonistes, donnant un semblant d’oxygène à l’étouffante chape de plomb qui couvrait l’ensemble du récit.

 

 

 

Dans « El estudiante », le malheur est moins spectaculaire, plus dilué, mais tout autant dévastateur à l’arrivée. La trahison est le mode de comportement qui fait loi dans ce film, que cela soit dans le domaine sentimental (plus précisément sexuel d’ailleurs) ou politique. L’immoralité apparaît comme la plus efficace des stratégies de réussite. Le réalisateur en fait-il l’éloge ou la dénonciation ? Même si la réponse se profile en filigrane, elle reste trop indistincte.

 

 

 

Produit avec un budget dérisoire, 30 000$, le réalisateur explique que « le film se veut aussi une réponse politique face à un certain cinéma. Le film n’est pas seulement politique par son sujet, il l’est aussi par le mode dans lequel il a été produit."

 

 

 

« El estudiante » est terriblement bavard, le discours politique souvent confus (volontairement ?) et génère un détachement d’intérêt envers l’histoire et ceux qui la composent. Finalement assez déprimant, on reste sur une interrogation qui laisse mal à l’aise : quel est donc le sens de cette démonstration peu nuancée et constante de l’art de la manipulation et de l’individualisme ? La fin du film n’y apportera aucun éclaircissement.  

 

 


À se demander si Santiago Mitre n’aurait pas dû se contenter de rester à l’écriture plutôt que de se laisser aller à cette tentative peu convaincante de réalisation... Cela ne nous empêchera pas, pour autant, de le retrouver dès le mois prochain en tant que scénariste du nouveau Pablo Trapero (Avec Ricardo Darin !!!) : « Elefante blanco ».

 

 

La bande annonce:

 

 

 

 

 

 

 



26/01/2013
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