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Cinéma d auteur

BLANCA NIEVES de Pablo Berger

 

 

 

LE CONTE EST (TRES TRES) BON

 

par Bertrand Bichaud 

 

 

 5/5 CHEF D'OEUVRE

 

 

 

L’histoire ? C’est un peu celle de Blanche Neige comme son titre le suggère, mais pas seulement. Carmen, personnage principal que l’on suit de sa naissance jusqu’à… sa renaissance, est ainsi surnommée par une bande de nains (au nombre de 6 !) qui se promène de ville en ville proposant leur spectacle comique de tauromachie.

 


 

« Blancanieves » est le deuxième long-métrage de Pablo Berger, après « Torremolinos 73 ». Dans ce conte, les hommes sont courageux et fiers, ils se confrontent aux taureaux dans leurs étincelants habits de torero. Les femmes claquent des mains, tapent du talon de leurs pieds au sol et chantent leur bonheur et leur malheur. La musique, elle, est un personnage à part entière qui accompagne et magnifie les émotions, sacralise les passions.

 

 

 

Le film est tantôt triste et mélancolique comme le fado, tantôt joyeux et enthousiasmant comme le flamenco. Les corps bougent, dansent, dans une chorégraphie les faisant se frôler, se rencontrer, s’aimer, et parfois flirter avec la mort, quand le "compagnon" de danse se trouve être un taureau généreusement corné…

 

 

 

Bien entendu, le conte de Blanche Neige y est présent, par moment, mais on y croise aussi des références au Petit chaperon rouge et à Pinocchio. Les personnages sont « hauts en couleur »: on y rencontre un nain travesti, une infirmière dominatrice, un torero en chaise roulante et même un coq surnommé « Pépé » !

 

  

 

Question : Quel est donc le point commun entre ce film et « The artist » ? Ils sont tous deux muets, en noir et blanc et la musique a été enregistrée par le même orchestre en Belgique… Ceci dit, arrêtons ici les comparaisons, soyons un peu sérieux (parfois c’est utile…), car les liens entre ces deux créations s’achèvent là, leur intérêt les situant à l’extrême opposé l’un de l’autre.

 


 

Quand « The artist » se contente de faire une pale copie des films de l’époque (du muet et du noir et blanc), « Blancanieves » transcende le genre. Bien que « The artist » soit un projet des plus honorables dans sa démarche, son résultat est bien inutile à l’arrivée, autant revoir les « vrais » films de cette période plutôt que d’assister à cette tentative de « à la manière de » qui n’apporte rien de nouveau. D’autant plus que son scénario, plutôt digne d’un court métrage, tient sur un ticket… de cinéma.

 

 

 

« Blancanieves » est incomparablement moderne, courageux et totalement réussi. Pablo Berger revisite le noir et blanc, avec une réalisation d’aujourd’hui, une fluidité de mise en scène on ne peut plus actuelle. L’hommage aux films de l’époque est couplé à son traitement contemporain, ce qui en fait un objet post-moderne, avant-gardiste par excellence.

 

 

 

Le casting y est formidable, y compris pour les figurants, des physiques mémorables aux expressions étonnantes. La photo y est d’une rare beauté, et la réalisation d’une enivrante virtuosité. « Blancanieves » est un voyage dans une odyssée féerique, d’une singularité époustouflante. Pré-sélectionné pour le Meilleur film en langue étrangère (elle est bien bonne celle-là, pour un film muet !!!) aux Oscars 2013.

 

  

 

On pense parfois à Murnau, à Fellini et forcément à « La nuit des forains » de Bergman. Mais aussi à Lynch… Cruel et tendre, effrayant et plein d’espoir, « Blancanieves » est un pari gonflé, et remporté avec panache.

 

 

Notre âme d’enfant aussi endormie soit-elle, se réveille avec bonheur à la vision du film, telle blanche neige sortant de son sommeil suite au baiser qu’un charmant prince pose sur ses lèvres...

 

 

 

Inventif, esthétique et poétique, ce film est un merveilleux enchantement qui laisse... muet. 

 

 

 

 La bande annonce:




25/01/2013
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