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Cinéma d auteur

AFTER de Géraldine Maillet

 

PARIS BY NIGHT

 

par Bertrand Bichaud 

 

1/5 MOYEN MOYEN

 

 

« Les promesses faites la nuit ne voient que rarement le jour », dit le dicton. Guillaume mange seul dans un triste restaurant japonais, Julie marche sous la pluie à la recherche d’un taxi. Elle entre dans le restaurant pour téléphoner (son portable n’a plus de batterie, pas de chance). Ils se regardent…


 

 

Voilà donc l’histoire d’un homme qui rencontre une femme et va tenter de la séduire. Un sujet d’une banalité telle qu’il se révèle on ne peut plus risqué. Surtout lorsque la totalité du film se concentre sur cette situation. Le tout dans une impression de huis clos, la nuit et Paris étant leur terrain de déambulation.

 

 

 

Chacun joue son rôle sans surprise. Forcément l’homme drague la femme, (ici très explicitement) annonçant qu’il désire passer la nuit avec elle. Mais elle n’est pas libre et pourtant ne le repousse pas réellement. « Je me demande si c’est moi qui n’arrive pas à vous dire non, ou si c’est vous qui ne voulez pas l’entendre » lui rétorque-t-elle.

 

 

 

Elle refuse ses avances trop marquées, puis semble hésiter, pour enfin se laisser charmer. Le tout est traité avec un regard adolescent : le jeu de séduction, l’environnement (boite de nuit, et pizzeria à 2h du mat), le choix aussi de situer cette rencontre le temps d’une nuit, ce monde parallèle, à la fois inquiétant et rassurant.

 

 

 

Voici un premier film visiblement plein de bonnes volontés, que l'on aurait aimé aimer.La réalisatrice a tenu à ce que les comédiens ne se rencontrent pas avant la première scène du film. Le tournage s’est fait en six semaines, en respectant la chronologie de l’histoire.


 

 

Mais, au terme de la projection, on se dit qu’il n’y a rien de nouveau sous la lune Parisienne. Le film manque peut-être d’audace, d’un point de vue différenciant. Ce qui saute surtout aux yeux, c’est qu’il s’agit d’un film de femme (fait par et pour). Il suffit de décrire le personnage de l’homme : viril, mais plein d’attentions, volontaire mais attendrissant de maladresse, touchant lorsqu’il parle de ses rêves d’enfant avortés. Avec un look de « bad boy » (blouson en cuir et moto !). Il est brut dans ses propos mais délicat dans son écoute, (il lui offre une fleur !). Et puis il est sportif (costaud !), mais aussi musicien (artiste …) et j’allais oublier baroudeur, partant le lendemain pour Buenos Aires. Ça fait tout de même un peu beaucoup pour un seul homme, non ? Bref le personnage de Guillaume est une caricature stéréotypée de l’homme parfait pour, éventuellement remettre en cause un mariage qui souffre de sa longévité…


 

 

Les comédiens s’en sortent plutôt bien malgré le peu de nuance et de crédibilité de leur rôle. Comme l’explique la réalisatrice : « Cet homme n’est peut-être pas réel, juste le fantasme de Julie ». En effet. D’ailleurs, le film tout entier ressemble à un fantasme, celui de la cinéaste peut-être. La question devient alors :Fallait-il le réaliser ? Ce qui est certain, c’est qu’y assister sans en avoir été l’auteur donne un résultat avec regret bien décevant.

 


 

 

La bande annonce:

 



31/01/2013
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