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Cinéma d auteur

12 YEARS A SLAVE de Steve McQueen

 

 

 

 

LIBRE OU ÉGO?

 

par Bertrand Bichaud

 

2/5 ON AIME BIEN

 

Les États-Unis, quelques années avant la guerre de Sécession. 
Solomon Northup, jeune homme noir libre, vit dans l’État de New York, il est mariée, père de deux enfants et gagne sa vie en tant que violoniste. Un jour, deux hommes lui proposent de partir en tournée. En réalité, il s’agit d’un piège, il est enlevé et vendu comme esclave
Il va alors passer durant douze années, de main en main de «maîtres» plus ou moins tortionnaires et cruels. Travaillant dans des champs de coton, il reçoit quotidiennement des coups de fouet si son travail ne correspond pas aux attentes de son patron. Solomon se bat pourtant pour rester en vie et garder le peu de dignité que sa condition lui permet. 
Ne pouvant avouer qu’il est instruit et qu’il fut auparavant un homme libre, de risque d’être aussitôt pendu, il attend le moment où il pourra entrer en contact avec sa famille, et les informer de sa situation, en espérant qu’un jour peut-être, justice soit faite.

 

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Le film est inspiré d’une effroyable et terriblement romanesque histoire réelle, elle est tirée du livre autobiographique de Solomon Northup.

 

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« 12 years a slave » est le troisième film de Steve McQueen, et troisième film dans lequel on retrouve le comédien Michael Fassbender.  Il se révèle une fois de plus absolument fabuleux. Après son rôle de membre de l’IRA emprisonné, en grève de la faim dans « Hunger », puis de malade addicte au sexe dans « Shame », il interprète cette fois un maître d’esclaves particulièrement pervers. Même si Chiwetel Ejiofor (tenant le rôle principal) est parfait, Fassbender  lui, détient une sorte génie de jeu sidérant et admirable.

 

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À noter aussi, pour la première fois au cinéma, sélectionnée parmi plus de mille comédiennes la très touchante Lupita Nyong’o dans le rôle de Patsey. Seule surprise assez perturbante, la présence de Brad Pitt, dans un rôle court de sauveur, qui apparaît du haut de sa notoriété, assez décalé dans ce casting crédible car dénué de star (à son exception). Le comédien ayant certainement réussi à s’imposer en échange d’un investissement digne de ce nom, il figure en effet au générique en tant que co-producteur du film.

 

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Le principal regret que ressentiront les amateurs de Steve McQueen réside en son choix de sujet et surtout son traitement. Il abandonne son engagement courageux envers des histoires provocantes et dérangeantes pour un scénario bien lisse et attendu d’un thème qui réunira sans l’ombre d’un risque de critique le plus large des publics. Son goût pour une réalisation différente semble aussi avoir été mise de côté, plus aucune singularité et personnalité au programme. L’image est belle, le cadre travaillé, mais il nous avait habitué à bien plus originale que cette mise en scène Spielbergienne qui rapproche bien trop « 12 years a slave » de « La couleur pourpre » pour en faire un chef d’œuvre.

 

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Seule, une scène intéressante, timidement et de manière isolée, s’impose et justifie à elle seule de voir le film, un plan-séquence horrible et magnifique, qui donne une petite idée de ce qu’aurait pu être le film si McQueen  s’était écouté plutôt que de rester concentré sur une apparente envie de se calibrer pour remporter un maximum de prix en tout genre et d’Oscar en particulier. Ce qui sera très certainement ce qui arrivera à ce film qui est parfaitement formaté pour être un énorme succès. Voilà de quoi être bien triste, le voir ainsi se laisser "emprisonner" par les diktats du cinéma Hollywoodien, lui qui était le plus prometteur des réalisateurs du cinéma indépendant US… Est-ce par excès d’égocentrisme que McQueen s’éloigne ainsi de la liberté de fond et de forme qui était la sienne? 

 

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26/01/2014
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